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« Mimi et ses roulettes », une BD pour comprendre le handicap

13 Mai 2022
« Mimi et ses roulettes », une BD pour comprendre le handicap

En 2014, Mylène Pickaerts est une jeune femme hyperactive qui travaille dans la boulangerie PAUL du Centre Commercial Bab2 d’Anglet, entre Bayonne et Biarritz. Quelques jours après le début de ses vacances, elle est soudainement touchée par un AVM (Arrêt Vasculaire Médullaire)… Un simple caillot de sang qui en quelques minutes la laisse tétraplégique incomplète. Le choc ! Avec une mobilité nulle des membres inférieures et limitée des membres supérieurs, Mylène devient brutalement une « personne à mobilité réduite ». Handicapée !  S’enchaînent alors les examens, les soins, la rééducation, les séances de kiné… Un long parcours émaillé de douleurs neuropathiques intenses et de fatigue, de découragement et de colère afin d’apprivoiser ce corps qui ne lui répond plus tout à fait. Mais pour celle que l’on surnomme déjà Mimi, il est hors de question de se laisser enfermer dans ce circuit ! Elle a bien l’intention de regagner le maximum d’autonomie et de profiter au plus vite des bons moments de la vie quitte à tout réinventer… sur des roulettes. Faire la cuisine, découvrir les joies du ski ou s’occuper de son chien, chaque geste du quotidien est l’occasion de montrer qu’avec quelques adaptations et pas mal d’entraînement, les plaisirs de la vie lui sont toujours accessibles ! Des petits et grands combats du quotidien et surtout une belle énergie que Mylène a souhaité partager dans une bande dessinée qu’elle commercialise elle-même. Encore un défi pour l’ancienne vendeuse qui en a écrit le scénario à partir d’anecdotes personnelles. Alors nous avons eu envie de rencontrer l’auteure… Mimi et ses roulettes !

 

Mylène, comment vous est venue l’idée de raconter votre parcours…  en bandes dessinées ?

 

MP Deux ans après mon AVM et après avoir vécu tant et tant de choses nouvelles, j’ai pensé à écrire une autobiographie. Je voulais raconter ma découverte du handicap et surtout montrer que l’on pouvait devenir tétraplégique sans accident de voiture ou de ski comme on le pense en général. Mais juste comme cela, à cause d’un caillot de sang. Brutalement. Sans aucune prédisposition. Je voulais expliquer cette maladie et aussi sensibiliser au fait d’agir vite dans ces cas-là. Dans mon cas, j’ai mis trop de temps à aller à l’hôpital. J’avais donc les idées, les anecdotes marquantes mais… beaucoup plus de difficultés à exprimer mon ressenti en mots. C’était sans doute un peu tôt aussi pour le faire. C’est Marie, une aide-soignante, qui m’a suggéré de passer par la bande dessinée, moins intimidante, et m’a parlé de l’un de ses amis qui dessinait pour son plaisir. J’ai contacté Stéphane Fautous qui a été emballé par le projet. « Mimi et ses roulettes » était sur… les rails ! 

 

Comment avez-vous travaillé ? Pas évident de se lancer dans une bande dessinée pour raconter sa vie.

 

MP Très simplement ! Nous avons pas mal discuté. Je lui ai raconté différents épisodes de ma vie et, au fur et à mesure le scénario a pris forme… Nous avons fait ainsi pendant presque 5 ans ! J’écrivais un épisode en me plongeant dans mes souvenirs, lui envoyais des photos des lieux ou des personnes et il se mettait à dessiner, « à l’ancienne », papier, crayon et gomme ! Le tout bénévolement. Je le précise car il a fait tout cela en dehors de son travail et de sa vie de famille… Puis je suis entrée en contact avec Véronique Bernhard, une illustratrice elle-même déjà active pour la sensibilisation au handicap.  Véronique a accepté de mettre en couleurs les planches noir et blanc de Stéphane et de leur apporter beaucoup de vie. Nous étions une vraie équipe sur ce projet ! Et malgré les difficultés, c’est ce qui a fait tout le plaisir de cette longue aventure.

 

Au-delà des couleurs, votre récit est plein de vie et d’humour. Est-ce votre caractère ?

 

 MP Sans doute un peu, oui ! Mais le parti-pris de l’humour et parfois de l’autodérision était aussi un défi pour moi. Parce que c’était une période difficile, avec des soins intenses et des périodes vraiment pas drôles. Pas toujours évident de penser à cela en même temps. Je ne savais pas toujours quelle histoire raconter… alors ce décalage m’a beaucoup aidée. C’était aussi une bonne façon de parler de manière plus simple de toute la partie médicale, que ce soient des conséquences de la maladie ou… de mes problèmes intestinaux par exemple ! Cela permet d’en parler plus facilement et d’aborder simplement des choses compliquées ou peu glamour. Ok, c’est compliqué mais c’est ma vie et on peut tout de même en rigoler un peu.

C’est aussi pour cela que mes épisodes préférés dans la bande dessinée sont le mariage d’une amie et une journée passée dans un spa adapté. Ce sont de vrais moments de détente, de vie, de fête avec des amis et des tas de solutions simples niveau accessibilité. Bref, de la joie !

Avant votre handicap, vous étiez vendeuse chez PAUL. Huit ans après, PAUL vous recontacte… cela vous a étonnée ?

 

MP Alors là complètement ! Je n’avais même pas pensé à les contacter ! En fait, une fois la BD terminée nous cherchions comment l’éditer. L’autoédition c’est compliqué… je n’avais pas de contact dans l’édition et encore moins dans l’édition de bandes dessinées. Les éditeurs ne répondaient pas ou alors ce n’était pas leur genre de publication… Bref, on tournait en rond. C’est une amie qui m’a conseillé de créer un compte linkedin pour faire connaitre mes recherches sur des réseaux professionnels. Et 15 jours après, le DRH de PAUL tombe dessus et me contacte. Nous nous étions croisés à l’époque sur le magasin d’Anglet. Il a été directement au but, m’a proposé de participer au financement d’une première édition et en a acheté pour envoyer à tous les magasins PAUL pour sensibiliser au handicap. Ma Bande dessinée allait enfin être éditée et mes anciens collègues allaient être mes premiers lecteurs. Je n’en revenais pas !

 

 

« Mimi et ses roulettes » est officiellement paru depuis 15 jours. Qu’est-ce que cela a changé ? quels sont les retours ?

 

MP Les premiers acheteurs sont des personnes qui me suivaient déjà sur les réseaux sociaux notamment. Là encore, j’apprends une nouvelle vie. Je reçois et gère directement les commandes, les expéditions. Je suis un peu dépassée par toute cette intendance mais je suis très heureuse ! J’ai reçu pas mal de messages de proches, de gens qui me connaissent et disent me découvrir ou me redécouvrir. Des messages d’encouragement aussi et des retours de lecture ! Des parents qui me disent que leurs enfants l’ont lu avec plaisir, qu’ils ont appris des choses. Les médias régionaux en ont parlé et je suis même retournée dans mon ancien magasin PAUL où ils font de la publicité pour mon livre sur leurs écrans. Tout ceci est un beau début. Pas une fin, un début !

 

 

Quel est votre prochain projet alors ?

 

MP Je souhaite que « Mimi et ses roulettes » aille plus loin ! Je recherche toujours une maison d’édition pour pouvoir être diffusée plus largement, en librairies, sur les sites internet et ainsi sensibiliser un large public. Pour que le maximum de gens puissent découvrir mon histoire, tout ce que les personnes handicapées doivent affronter. Et surtout comprendre qu’avec des adaptations comme celles que j’explique dans la BD il y a beaucoup de choses que l’on peut faire avec autonomie. Que cela est possible et que même dans un fauteuil on peut faire et se faire plaisir ! Je n’aime pas la phrase qui dit « quand on veut, on peut ». Moi je préfère dire « quand on veut, on essaie ». Et moi, je n’arrêterai pas d’essayer !

 

 

« Mimi et ses Roulettes » de Mylène Pickaerts, Stéphane Fautous et Véronique Bernhard.

46 pages, 14 euros (+ 5€14 de frais de port)

Pour toute commande ou renseignement jeLisMimiEtSesRoulettes@gmail.com

A suivre sur les réseaux sociaux : #mimietSesRoulettes et @mimi.et.ses.roulettes