PAUL s’engage contre les Violences faites aux Femmes
A l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, PAUL s’engage en soutenant une campagne inédite de prévention contre les violences intra-familiales initiée par les Cadets du Nord de la Gendarmerie Nationale. Leur idée ? Communiquer les contacts d’aide aux victimes directement dans nos boulangeries afin de les faire connaitre du plus grand nombre. Une initiative qui nous a immédiatement convaincus et que nous avons choisi de diffuser nationalement car la lutte contre ces violences nous concerne toutes et tous. C’est la conviction de la Colonelle Dorothée Cloître, référente nationale « violences intra-familiales » au sein de la Gendarmerie Nationale que nous avons pu rencontrer à cette occasion.
Une question simple pour commencer. Pouvez-vous définir ce que sont les « Violences Intrafamiliales », que l’on appelle communément les VIF, et donner une idée de l’enjeu que cela représente en France ?


C’est une question essentielle en fait ! Les violences intrafamiliales se caractérisent par une multitude de facettes : violences conjugales ou commises sur les mineurs, violences physiques, verbales, sexuelles ou encore psychologiques. La bonne compréhension de ces différentes formes est aujourd’hui au cœur des enjeux de prévention, d’accompagnement dans les démarches judiciaires et sociales. Il s’agit aussi d’encourager les victimes à prendre conscience qu’elles sont victimes et que ce qu’elles subissent n’est pas normal. Le cadre juridique a évolué depuis le lancement du Grenelle en 2019 : création de nouvelles incriminations telles que le suicide forcé quand le harcèlement par conjoint ou ex-conjoint conduit la victime à se suicider, évolution des incriminations existantes (ex : la loi du 6 novembre 2025 qui modifie la définition pénale du viol et des agressions sexuelles), reconnaissance du statut de co-victimes pour les mineurs présents au domicile en cas de violence conjugale et non de simples témoins. Le choix des mots est important.
Les acteurs mobilisés dans la lutte contre les VIF sont également de plus en plus attentifs aux formes de violences dans le cyberespace ou de violences économiques. Autant de moyens d’exercer un contrôle coercitif sur la victime : de l’isoler, de la dénigrer ou de lui empêcher toute autonomie financière. La violence n’est pas que physique. Elle est souvent précédée ou accompagnée d’autres formes…
Vous êtes la référente nationale « violences intra familiales » au sein de la Gendarmerie Nationale. Pouvez-vous expliquer votre rôle et plus largement les missions de la Gendarmerie face à ces violences ?
Tous les jours, les gendarmes interviennent plus de 350 fois pour des violences intrafamiliales, souvent lesoir, le week end, la nuit… La gendarmerie porte une grande attention à ce sujet. Nos gendarmes de brigade sont en première ligne ; ils interviennent au domicile, ils mènent des enquêtes à la suite de plaintes des victimes ou de signalement de témoins. Ils sont confrontés à des situations complexes voire dangereuses qui nécessitent une prise en charge rapide des victimes et un traitement judiciaire sans délai des enquêtes, parfois dans un contexte de difficultés sociales, d’alcool ou de drogue. Il faut à la fois garantir la sécurité de chacun et avoir des réflexes adaptés pour des victimes parfois en grande vulnérabilité physique ou psychologique. C’est pourquoi nous avons intensifié les actions de formation : plus de 70 000 gendarmes sensibilisés lors de leur formation initiale ou lors de formations continues à ces enjeux particuliers. Le traitement de ces violences s’organise également spécifiquement à travers un réseau déployé sur l’ensemble du territoire : chacune des brigades de gendarmerie dispose d’un référent « violences intra familiales » pour assurer le suivi de la prévention, de la prise en charge des victimes et des investigations menées. Au niveau départemental, un officier est chargé d’animer les actions de prévention et de définir la politique d’accompagnement et de suivi des victimes. La gendarmerie peut aussi compter sur les 100 maisons de protection des familles qui ont à la fois des missions de prévention : elles sensibilisent le grand public, notamment en milieu scolaire ou encore les élus, sur les violences, sur le harcèlement VIF comme sur le cyber harcèlement, et des missions judiciaires puisqu’elles ont aussi vocation à procéder à des audition de mineurs ou personnes vulnérables.
Notre rôle pour lutter contre ces violences va au-delà des seules interventions. En mode proactif par exemple. Ainsi, depuis 2018, la plateforme numérique d’accompagnement des victimes (PNAV) permet à chacun d’entrer en contact anonymement avec des gendarmes pour signaler des faits de violences sexuelles, de violences conjugales ou de cyber harcèlement. Cette plateforme est notamment accessible via l’application « MaSécurité » qui est aussi mise en lumière dans l’opération menée chez PAUL. L’objectif est d’orienter la victime dans ses démarches, de la rassurer et de faciliter son accueil dans les unités de gendarmerie.
Depuis quelques années nous avons également facilité le recueil de plainte « hors les murs » (à domicile, au sein d’une association, à l’hôpital par exemple) grâce à nos outils en mobilité.
Ma fonction a été créée en 2021 pour assurer le déploiement et le suivi des nouvelles mesures sur les violences conjugales. Je travaille étroitement avec l’ensemble des partenaires engagés dans la lutte contre les VIF : les partenaires institutionnels, notamment la police nationale, les autres ministères tels que le ministère de la Justice, le ministère à l’égalité femmes hommes, le ministère de l’Education Nationale, ainsi que les associations. Mon rôle est aussi de porter attention à ce qui remonte du terrain, de nos unités opérationnelles, de recueillir les bonnes pratiques et de les promouvoir , de valoriser l’action de la Gendarmerie Nationale dans ce domaine spécifique et de nourrir toutes les réflexions dans les évolutions faites dans l’intérêt des victimes.
Dans ce contexte, quels sont les rôles spécifiques de l’application « Ma sécurité » du numéro 3919 « Solidarité Femmes » que nous mettons également en valeur dans l’opération de visibilité chez PAUL ? En quoi chacun de ces contacts peut aider les personnes victimes ou témoins de violences intra-familiales ?
Au travers de « Ma sécurité », nous contribuons à la fois à la libération de la parole et à sa prise en compte concrète par l’ouverture systématique d’une enquête judiciaire lorsque nous avons connaissance des faits susceptibles de faire l’objet d’une infraction pénale. Cette plateforme permet un échange via un tchat avec des gendarmes spécialisés 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Des gendarmes qui ont la capacité de saisir immédiatement la brigade compétente.
Les associations comme la Fédération nationale Solidarité Femmes qui gère le 3919 peuvent intervenir plus en amont encore. Car les victimes ont besoin d’être informées, accompagnées, et rassurées pour pouvoir aller au bout des démarches qui vont leur permettre de s’extraire de situations conjugales violentes. Les échanges avec les intervenants du 3919 permettent de conscientiser les victimes et les témoins, d’objectiver les faits, d’expliquer les démarches, notamment judiciaires. Les dispositifs se complètent donc naturellement.
Grâce à cette démarche pro-active, détaillée plus haut, nous contribuons à la fois à la libération de la parole et à sa prise en compte concrète par l’ouverture systématique d’une enquête judiciaire lorsque nous avons connaissance des faits. Mais en amont, et comme c’est fréquemment le cas, les victimes ont besoin d’être informées, accompagnées, et rassurées pour pouvoir aller au bout des démarches qui vont leur permettre de s’extraire de ces situations conjugales violentes. C’est le rôle des associations comme la Fédération nationale Solidarité Femmes qui gère le 3919. Il est facile de comprendre que la victime ou son entourage soient parfois désemparés. Les échanges avec les intervenants du 3919 permettent de conscientiser les victimes et les témoins, d’objectiver les faits, d’accepter d’entreprendre des démarches, notamment judiciaires. Ces dispositifs se complètent.
Ce sont les Cadets de la Gendarmerie Nationale du Nord qui avaient eu l’idée de solliciter les boulangeries PAUL pour une première action conjointe de sensibilisation dès 2023. En quoi de tels partenariats sont-ils utiles dans la lutte contre les violences intrafamiliales ?


Toutes les actions de sensibilisation et tous les outils de valorisation des contacts utiles sont les bienvenus. Les études le montrent : toutes les régions, tous les âges, tous les milieux sociaux sont concernés par ces violences. Donc l’information est utile partout et pour tout le monde. C’est pourquoi bénéficier d’un tel éclairage dans un réseau national de boulangeries, par nature fréquentées au quotidien par des milliers de clients et de clientes est si intéressant. Cela nous permet de toucher le plus grand nombre, dans un contexte neutre autour d’actes simples du quotidien. Cela peut surprendre et c’est justement un atout : sensibiliser un public que l’on ne touche pas habituellement, inciter les gens à s’informer, à réfléchir et pourquoi pas à passer à l’action. Nous ne pouvons pas établir de bilan direct de ce type de communication en soi bien entendu. C’est un outil parmi d’autres. Mais le retour que vous faites sur le dialogue né au sein de votre propre réseau, entre collègues ou avec vos clients est la preuve de l’utilité de ce genre d’actions. Il est encourageant de noter que ce sont des jeunes hommes et jeunes femmes qui ont pensé à vous solliciter alors qu’au travers des cadets, ils découvrent les métiers de la Gendarmerie Nationale à l’âge du lycée. Cela montre que les choses avancent, que les nouvelles générations sont déjà sensibilisées.


A l’occasion de la Journée Internationale de Lutte contre les Violences faites aux femmes, PAUL mettra en lumière les contacts de la Fédération nationale SOLIDARITE FEMMES (3919) et de l’application MA SECURITE au travers de 800 000 autocollants apposés sur des sachets de sandwichs, baguettes ou viennoiseries et d’affichages en magasins.



